Hypothèses du modèle simplifié de \(\mathrm{H}_2\) à deux électrons

Cette page présente les hypothèses physiques utilisées dans le programme molecule_h2_01_01_1s_deux_electrons_interactif_SI.py, prévu pour le sous-projet molecules_02.

Le but du programme n’est pas de fournir immédiatement un calcul exact de la molécule \(\mathrm{H}_2\), mais de construire un modèle pédagogique permettant de visualiser :

Nature du modèle. Il s’agit d’un modèle LCAO simplifié. Il ne remplace ni un calcul de Heitler–London, ni un calcul Hartree–Fock, ni un calcul de corrélation électronique complet.

1. Orbitales moléculaires utilisées

Les orbitales moléculaires à un électron sont les mêmes que dans le calcul de \(\mathrm{H}_2^+\), construit à partir de deux orbitales atomiques \(1s\) :

\[ 1\sigma_g \qquad\text{et}\qquad 1\sigma_u. \]

L’orbitale \(1\sigma_g\) est liante : elle augmente la densité électronique dans la région située entre les deux noyaux.

L’orbitale \(1\sigma_u\) est antiliante : elle possède un nœud entre les deux noyaux.

2. Configuration singulet fondamentale

La configuration fondamentale simplifiée est

\[ (1\sigma_g)^2, \qquad S=0. \]

Les deux électrons occupent la même orbitale spatiale \(1\sigma_g\). Le principe de Pauli impose alors une fonction de spin antisymétrique, c’est-à-dire des spins opposés :

\[ \uparrow\downarrow. \]

L’énergie électronique simplifiée est prise sous la forme

\[ E_{gg}^{\mathrm{el}} = 2\varepsilon_g + V_{ee}. \]

L’énergie totale inclut également la répulsion internucléaire :

\[ U_{gg} = 2\varepsilon_g + V_{ee} + V_{pp}. \]
Le deuxième électron renforce la liaison parce qu’il peut lui aussi occuper l’orbitale liante \(1\sigma_g\). Le gain dû à cette double occupation est toutefois partiellement compensé par la répulsion électron-électron.

3. Configuration triplet à spins parallèles

Pour deux spins parallèles,

\[ \uparrow\uparrow, \qquad S=1, \]

la partie de spin est symétrique. La partie spatiale doit alors être antisymétrique. Le principe de Pauli interdit l’occupation double de \(1\sigma_g\).

Dans le modèle retenu, la configuration devient

\[ 1\sigma_g\,1\sigma_u. \]

Son énergie électronique est modélisée par

\[ E_{gu}^{\mathrm{el}} = \varepsilon_g + \varepsilon_u + V_{ee} - K_{\mathrm{échange}}. \]

Le terme d’échange abaisse légèrement l’énergie du triplet. Cependant, cette stabilisation ne compense généralement pas le coût de l’occupation de l’orbitale antiliante \(1\sigma_u\).

Le spin n’exerce pas ici une force classique entre les électrons. Son effet vient de l’antisymétrie de la fonction d’onde totale et du principe de Pauli.

4. Configuration singulet antiliante

Une troisième configuration est proposée :

\[ (1\sigma_u)^2. \]

Les deux électrons ont des spins opposés, mais occupent cette fois l’orbitale antiliante.

Cette configuration permet de visualiser le coût énergétique très important de la disparition de densité électronique entre les noyaux.

5. Répulsion électron-électron simplifiée

Le programme ne calcule pas exactement l’intégrale coulombienne à deux électrons. Il utilise une interaction coulombienne adoucie :

\[ V_{ee}(R) = \frac{E_h} {\sqrt{(R/a_0)^2+\beta^2}}. \]

Le paramètre retenu initialement est

BETA_REPULSION = 1.00

Cette approximation possède deux propriétés utiles.

À courte distance

\[ V_{ee}(0) = \frac{E_h}{\beta}, \]

de sorte que la répulsion reste finie.

À grande distance

\[ V_{ee}(R) \underset{R\to\infty}{\longrightarrow} \frac{E_h a_0}{R}. \]

Cette limite compense le terme coulombien supplémentaire contenu dans la somme des deux énergies orbitalaires.

6. Limite de dissociation

Le modèle est construit pour retrouver qualitativement la dissociation

\[ \mathrm{H}_2 \longrightarrow \mathrm{H}(1s)+\mathrm{H}(1s). \]

À grande distance internucléaire,

\[ U(\infty) = -1\ \text{hartree}. \]

Cette valeur correspond à deux atomes d’hydrogène indépendants :

\[ 2\times\left(-\frac12\right) = -1\ \text{hartree}. \]

7. Contributions représentées dans le programme

Le panneau inférieur gauche décompose l’énergie de la configuration singulet fondamentale en trois contributions :

\[ 2\varepsilon_g, \qquad V_{ee}, \qquad V_{pp}. \]
Contribution Interprétation Effet qualitatif
\(2\varepsilon_g\) Énergie des deux électrons dans l’orbitale liante Stabilisation
\(V_{ee}\) Répulsion entre les deux électrons Déstabilisation
\(V_{pp}\) Répulsion entre les deux protons Déstabilisation à courte distance

8. Occupations électroniques affichées

Le panneau central montre directement les occupations des niveaux moléculaires.

Configuration Occupation Spin total
Singulet fondamental \(\uparrow\downarrow\) dans \(1\sigma_g\) \(S=0\)
Triplet \(\uparrow\) dans \(1\sigma_g\), \(\uparrow\) dans \(1\sigma_u\) \(S=1\)
Singulet antiliant \(\uparrow\downarrow\) dans \(1\sigma_u\) \(S=0\)

9. Courbes comparées

Le panneau de droite compare les courbes suivantes :

\[ \mathrm{H}_2^+:(1\sigma_g)^1, \] \[ \mathrm{H}_2:(1\sigma_g)^2 \qquad\text{sans }V_{ee}, \] \[ \mathrm{H}_2:(1\sigma_g)^2 \qquad\text{avec }V_{ee}, \] \[ \mathrm{H}_2:1\sigma_g1\sigma_u \qquad\text{triplet}, \] \[ \mathrm{H}_2:(1\sigma_u)^2. \]

Cette comparaison permet de distinguer visuellement :

10. Limites du modèle

Le modèle ne prend pas en compte de manière exacte :

La courbe obtenue doit donc être interprétée comme une illustration qualitative des mécanismes de liaison, et non comme une prédiction numérique précise de l’énergie de liaison ou de la distance d’équilibre de \(\mathrm{H}_2\).

11. Étapes ultérieures possibles

Le prolongement naturel de ce modèle serait :