Intégrales à deux électrons pour la molécule \(\mathrm{H}_2\)
Le programme correspondant au point 1 remplace les termes empiriques du modèle précédent par de véritables intégrales à deux électrons calculées numériquement :
molecule_h2_01_03_integrales_2e.py
1. Intégrales calculées
Le programme calcule directement :
\[ J_{gg}=(gg|gg), \] \[ J_{gu}=(gg|uu), \] \[ J_{uu}=(uu|uu), \]et surtout l’intégrale d’échange :
\[ K_{gu}=(gu|ug). \]2. Orbitales moléculaires utilisées
Les orbitales restent celles de la base LCAO minimale construite à partir des deux orbitales atomiques \(1s\) :
\[ \phi_g= \frac{\phi_A+\phi_B} {\sqrt{2(1+S)}}, \] \[ \phi_u= \frac{\phi_A-\phi_B} {\sqrt{2(1-S)}}. \]3. Énergies de la configuration ouverte
Pour la configuration ouverte
\[ 1\sigma_g\,1\sigma_u, \]le programme obtient :
\[ E_{\mathrm{singulet}} = \varepsilon_g+\varepsilon_u +J_{gu}+K_{gu} +\frac{1}{R}, \] \[ E_{\mathrm{triplet}} = \varepsilon_g+\varepsilon_u +J_{gu}-K_{gu} +\frac{1}{R}. \]L’écart entre les deux états vaut donc :
\[ E_{\mathrm{singulet}} - E_{\mathrm{triplet}} = 2K_{gu}. \]4. Définition de l’intégrale d’échange
\[ K_{gu} = \iint \phi_g(\mathbf r_1)\phi_u(\mathbf r_1) \frac{1}{r_{12}} \phi_g(\mathbf r_2)\phi_u(\mathbf r_2) \,d^3r_1\,d^3r_2. \]Cette intégrale mesure la contribution d’échange associée à l’indiscernabilité des deux électrons dans la configuration \(1\sigma_g1\sigma_u\).
5. Méthode numérique
Le programme construit d’abord les densités :
\[ \rho_g=\phi_g^2, \qquad \rho_u=\phi_u^2, \qquad \rho_{gu}=\phi_g\phi_u. \]Il calcule ensuite leurs potentiels coulombiens par convolution FFT :
\[ V_\rho(\mathbf r) = \int \frac{\rho(\mathbf r')} {|\mathbf r-\mathbf r'|} \,d^3r'. \]Par exemple :
\[ J_{gg} = \int \rho_g(\mathbf r) V_{\rho_g}(\mathbf r) \,d^3r, \]et
\[ K_{gu} = \int \rho_{gu}(\mathbf r) V_{\rho_{gu}}(\mathbf r) \,d^3r. \]6. Contrôle de précision
Le programme commence par recalculer l’intégrale atomique connue :
\[ (1s\,1s|1s\,1s) = \frac{5}{8} = 0{,}625\ \text{hartree}. \]Cette valeur sert de test de référence pour mesurer l’erreur due à la discrétisation sur la grille.
Le paramètre principal est :
N_GRILLE = 65
Pour vérifier la convergence numérique, on pourra comparer successivement :
N_GRILLE = 49
N_GRILLE = 65
N_GRILLE = 81
Les normes numériques de \(\phi_g\) et \(\phi_u\), ainsi que leur orthogonalité, sont également calculées.
7. Résultats produits
Le programme :
- affiche un tableau des intégrales en hartrees ;
- calcule les énergies des quatre configurations électroniques ;
- enregistre les valeurs dans le fichier :
molecule_h2_01_03_integrales_2e.csv
Il trace également deux figures diagnostiques :
- \(J_{gg}\), \(J_{gu}\), \(J_{uu}\) et \(K_{gu}\) ;
- les différentes énergies totales.
8. Portée du modèle
Les intégrales \(J\) et \(K\) sont désormais calculées à partir des orbitales LCAO, mais le modèle reste minimal :
- les orbitales \(1s\) ne sont pas optimisées ;
- la relaxation électronique n’est pas incluse ;
- la corrélation électronique complète n’est pas traitée ;
- le calcul ne constitue pas encore un Hartree–Fock auto-cohérent.
Il s’agit néanmoins d’une étape importante : les termes de répulsion et d’échange ne sont plus purement phénoménologiques, mais reliés directement aux orbitales et à la distance internucléaire.